Tout était en l’air au château de Fleurville. Mesdames de Rosbourg et de Fleurville avaient grand peine à contenir la joie des six enfants sous leur garde. Que d’effusions données par Camille et Madeleine à Léon et Jean, leurs cousins. Jean demanda soudain où était Sophie. En effet, l’enfant était désormais sage et rendait grâce à Dieu pour les bons soins qu’elle recevait à Fleurville, on s’inquiéta donc de son absence.
“Oh, j’entends l’escalier du grenier qui grince, ma chère Maman, c’est surement elle”, dit Camille. “Nous montons avec Madeleine.”
Les deux soeurs se hâtèrent en bas du grenier et virent Sophie, tapie dans la pénombre.
“Que fais-tu ainsi, toute recroquevillée?”
“Oh, Camille, je cherchais dans le grenier ces balles de cuir pour jouer dans le jardin. Te souviens-tu de cette malle en métal rouge qui nous fait tant peur? Ne sachant où trouver, j’en ai descellé l’ouverture par la clé qui y était posée. Puis, mes mains ont rencontré du métal et je me suis emparé de l’objet pour vous le montrer.”
“Mais qu’est-ce, Sophie, montre-nous!”, dis Camille.
“Oh, oui, gentille Sophie, qu’as-tu donc découvert?”, flatta sa soeur.
La jeune enfant consentit et se redressa. Camille et Madeleine furent soudain comme aveuglées par un éclat de lumière dorée. Sur la marche poussiéreuse, dans l’obscurité du grenier, était posé dans toute sa rondeur un formidable oeuf d’or.
